O.D.N.I. / U.D.O. (Objet Domestique Non Identifié / Unidentified Domestic Object)

Exposition collective
Commissariat : Sandrine Wymann
La Kunsthalle
Mulhouse – FR

Axel Gouala est issu d’une double culture qui le pousse à porter un double regard sur les choses. Les objets anodins qu’il présente dans l’exposition sont extirpés non seulement de leur contexte d’utilisation mais aussi de leur décor. On réalise dans ces installations combien notre esprit associe un objet à un univers et à quel point cette détermination est fragile et superficielle. En isolant les objets, les détournant légèrement ou les associant différemment, Axel Gouala ouvre de nouvelles pages,

entrevoit de nouveaux mondes dans lesquels travail et voyage se côtoient, clichés bourgeois et exotiques s’assemblent, motifs ethniques et objets impersonnels se confondent.
Pour ODNI, il associe la figure du palmier ou la chaise de bureau à des matériaux ou des matières qui leur sont à priori étrangers et suggère ainsi de nouveaux récits.

Sandrine Wymann

La Kunsthalle
Centre d’Art, Mulhouse
2018

A Tooth for an Eye

Exposition collective
Commissariat : Elena Filipovic, Renate Wagner, Claudio Vogt
Kunsthalle de Bâle
Bâle – CH

Le titre de la Regionale de cette année A Tooth for an Eye (FR : dent pour oeuil) vient d’une chanson, déconstruisant la loi de talion de l’Ancien Testament (oeil pour oeil ou dent pour dent) pour proposer un autre échange a sa place. En même temps, il illustre que le corps humain a toujours été l’aspect central des systèmes sociaux et politiques. Le corps est beaucoup plus que son apparence extérieure : il est champ de bataille biologique, écran pour l’imagination, espace de l’individualité et théâtre d’affrontements. Depuis la nuit des temps, il a été utilisé de nombreuses manières, a été instrumentalisé, manipulé, fragmenté, transformé et de plus en plus commercialisé. Le corps est un vaisseau éphémère, qui ne laisse que des traces de son existence. Malgré sa vulnérabilité, il est notre première architecture. Sa souplesse détermine le quoi et le comment de notre perception et agit comme outil efficace pour notre conception du monde. Les seize artistes dans cette exposition de groupe qui présente des artistes de la région, en sont conscients. Ils se réfèrent au corps, ils le démontent et l’abstraient, l’élargissent et le transforment, pour rendre visibles ses nombreuses dimensions biopolitiques – mais encore plus que cela, ils le reforment et le reconsidèrent.Déjà en entrant l’exposition, le corps du public devient partie de l’installation sonore de Gerome Gadient qui enregistre les pas des visiteurs et les transforme en utilisant des logarithmes pour après diffuser dans la salle d’exposition une piste sonore mystérieuse. Dans les autres oeuvres aussi, le corps n’est présent que par ses traces et son environnement, dans lequel il agit. Comme par exemple dans le travail de Daniel Kurth, Self Portrait (FR : autoportrait), qui montre les baskets abîmées d’où monte de la fumée, comme si leur propriétaire s’était dissous. Kurth utilise aussi le corps absent dans son travail Amazing Luxury Hilltop Houses That Will Blow Your Mind (FR : maisons de luxe géniales sur terrain de pentes à couper le souffle). Ici on voit un montage de films publicitaires pour des biens immobiliers de luxe dans lesquels toutes les personnes ont été enlevées. Il reste qu’une coquille jolie mais vide d’un monde glamoureux pour les riches. Au milieu de la pièce se retrouve Monobloc, une oeuvre en plâtre de Jeronim Horvat. Les deux moulages de chaises en plastique largement répandues dans le monde entier nous ne racontent pas seulement des histoires de la globalisation du monde moderne de la marchandise mais aussi des corps qui les ont formées. Dans sa série Everyone lives in the same place like before (FR : chacun vit au même endroit qu’avant) Claudio Rasano a documenté séparément les environnements de ses habitants. Son choix de photographies directes et méticuleusement composées nous ne montre que des édifices et constructions dans lesquels les personnes sont visiblement absentes. Le travail évoluant de Philipp Hänger qui porte le nom Es gibt NUDE – und es gibt NAKED (FR : Il y a NUDE – et il y a NAKED) s’épanouit sur deux murs de la salle 2. Dans les superpositions d’une sélection de photographies (propres ainsi que trouvées), des éléments de texte et des peintures de couleur, Hänger crée un essai visuel, qui connecte l’objet avec le sujet, la protection avec l’exposition physique,les vides avec l’afflux d’images. À côté, nousretrouvons deux séries de sculptures de petit format de Jeronim Horvat, en bronze et en plastique, provenant de l’industrie de fitness et des loisirs. Elles se trouvaient autrefois dans les mains des adolescents et des passionnés des jeux vidéo ou servaient comme porte-bouteilles de vélo, mais maintenant ils sont comme des étranges prothèses d’un futur monde.

D’autres objets du monde de la consommation exercent leur influence sur les oeuvres dans la salle 3. Axel Gouala combine pour ses sculptures des outils divers qui nous promettent une vie plus facile, plus pratique ou plus saine avec des plantes en plastique d’une apparence exotique. Ces formes hybrides semblent mener une existence propre, émancipée des corps qu’elles servaient jadis. De même, les tableaux figuratifs de Camille Brès parlent des biens, de l’environnement et du décor qui entourent les gens, mais ici, la vie humaine n’est représentée qu’indirectement. Des objets quotidiens d’un autre genre font labase pour la série d’oeuvres Armes Blanches d’Inès P. Kubler, qui enferme plusieurs objets coupants (scalpels, couteau à huîtres, etc.) dans la cire, si bien qu’ils font penser à des artefacts préhistoriques, des outils des premiers hommes. A côté, comme des pièces d’exposition anthropologiques, il y a dans une vitrine les visages et les têtes de Kasper Ludwig, réalisés à partir de moulages de ballons de baudruche. Simone Steinegger, elle aussi, fragmente le corps et met en scène un dépôt clinique de pièces de rechange du corps humain. Les traits surréalistes dans les natures mortes de Mona Broschár permettent des associations qui hésitent entre les comestibles et les abats et qui, dans certains cas, arrivent même à représenter les aliments d’une façon animiste. La dernière salle héberge les installations sculpturales de Hannah Gahlert. Les arrangements des matériaux différents, souples, durs et parfumés se courbent et s’enroulent de manière opulente, occasionnellement retenus par la boîte en métal ou les bandes en céramique. De leur côté, les objets de Dominik His semblent plus contrôlés dans leur matérialité. Leurs surfaces rappellent des coquilles et leurs formes soigneusement élaborées font penser à des oeufs et des architectures bizarres. Ce sont des études qui, comme les oeuvres de Gahlert, parlent d’une corporalité impliqué et quelquefois déconcertante. Les oeuvres sur papier de Simona Deflorin sont des représentations figuratives expressives, qui montrent des synthèses sauvages de déesse, d’homme et d’animal, pleines de dynamisme et d’une force obscure. Au fond de la salle, un objet amorphe : un matelas qui a été vidé, et rempli des possessions matérielles de l’artiste Dorian Sari. Avec le remplissage de la “peau” d’un objet qui a été marqué par la vie de l’artiste, il devient évident que le lit est beaucoup plus qu’un lieu de repos pour le corps, et qu’un lien très fort l’attache à la naissance, la vie et la mort. Les figures du triptyque de Mirjam Walter poussent leur intérieur presque violemment vers l’extérieur et évoquent une réflexion visuelle sur des corps dont les limites claires entre intérieur et extérieur, le moi et l’autre, l’exubérance et la limitation deviennent fugitives et instables. De manière conceptuelle, archaïque, expérimentale, sensuelle et expressionniste, les oeuvres exposées dissolvent le corps, suivent ses traces, l’isolent, le démontent, révèlent les frontières de sa contrôlabilité, examinent d’un regard critique son environnement et sa position dans son monde. Comme le corps, l’exposition n’est pas une unité constante : elle change d’une salle à l’autre. C’est une rencontre entre différentes stratégies de représentation du corps dans l’art, ainsi que la relation entre l’homme et l’objet. Alors que, dans les premières salles, on retrouve des oeuvres qui utilisent des techniques plus documentaires et mimétiques, les salles suivantes offrent des approches plus analytiques, structurelles ou quasi archéologiques. Dans la dernière salle se rassemblent les formes les plus abstraites et organiques. Un aspect transformateur parcourt l’exposition : des représentations plutôt concrètes, figuratives, mais aussi conceptuelles, aux formes plus expressives, à la fois cognitives et sensorielles, objectives et subjectives, psychologiques et adressées vers l’intérieur.

A Tooth for an Eye

Kunsthalle de Bâle
2018

Per la Stessa Ragione del Viaggio

Exposition collective
Bunker Vittorio Arrigoni
Brescia – IT

Per la Stessa Ragione del Viaggio pourrait être un titre minimisant par rapport aux différentes facettes de ceux qui entreprennent ce voyage. L’intention, cependant, n’est pas de poser des hiérarchies devant le mouvement, mais de renverser la narration dominante qui voit dans les intentions inhérentes de la migration une légitimité ou un illicite. Mais des hiérarchies existent et doivent être révélées. Les frontières se sont diversifiées et ont pris forme tout au long de l’histoire, représentant des relations de pouvoir et de domination. Face à l’absence de lignes administratives, les hégémonies et les pouvoirs ont été attribués de manière coercitive, offensive, répressive et violente, créant des domaines économiques et une exploitation territoriale. Obstacles. Limites. Les frontières n’expriment pas une simple division entre Etats, mais un pouvoir politique par rapport à l’espace.

Les espaces de pouvoir et de contrôle ne s’arrêtent pas devant l’exercice d’inclusion ou d’exclusion dans les espaces frontaliers, mais se multiplient et se diversifient au sein même de l’espace à travers des engrenages administratifs, des dynamiques culturelles repoussantes, des morphologies sociales pyramidales…

En traversant les corps, les intentions.  Dans ce scénario, on assiste à l’émergence de différentes possibilités d’inclusion : passeports nationaux  » avantageux « , pouvoirs et affaires économiques, relations familiales avec des pays considérés comme faisant autorité, utilité intellectuelle ou, d’autre part, vulnérabilité, capacité d’intégration au pays d’accueil, rupture avec leurs habitudes, cultures et usages, docilité.

La notion de privilège est greffée agressivement et démasque qui a le droit de traverser et de vivre dans ce lieu particulier et qui, au lieu de cela, en est exclu. La violence systémique en matière de contrôle, de filtrage des flux et de liberté de mouvement reste souvent invisible et est assimilée par beaucoup comme une procédure administrative légitime, essentielle pour contenir les mouvements.

Per la Stessa Ragione del Viaggio n’a pas l’intention d’avoir la présomption de décrire un phénomène complexe et articulé que l’on peut identifier avec des terminologies strictes.

Il cherche plutôt à le représenter sous un angle précis, en soulignant les aspects exclusifs et excluants, parfois en le narrant à la première personne ou à travers une poétique extérieure.

Dans cette exposition collective, les œuvres s’entremêlent pour créer une pluralité d’images, tissant des voix silencieuses, à la recherche d’un imaginaire différent de l’existant.

Francesca

Per la Stessa Ragione del Viaggio
Bunker V. Arrigoni
Brescia

GEOMETRIE DU FEU

Exposition personnelle
Centre Européen d’Actions Artistiques Contemporaines – CEAAC
Strasbourg – FR

La géométrie du feu décrit le désir insatiable de capter et retranscrire une forme en constante évolution. C’est l’irréductible part de sauvage qui résiste à la perpétuelle volonté de domestiquer. L’image d’un feu dans une cheminée ou dans un poêle m’évoque celle d’un animal en cage. C’est une forme de vie farouche qui partage notre habitat, mais c’est aussi le premier outil de confort et de domestication; il nous a permis de dompter la lumière et l’espace.

Il a donné le nom de foyer à nos maisons. Malgré ce chemin parcouru à nos côté, il a gardé sa beauté élémentaire et incorruptible. Il n’y aura jamais de géométrie précise du feu. C’est cet impérissable degré de sauvage que j’essaye d’exhumer de notre quotidien. Et pourquoi pas si possible, modifier les frontières d’une zone de confort trop dessinées.»

Axel Gouala

notes
janvier 2017
Strasbourg

DERRIERE LES FAGOTS

Exposition personnelle
Espace Lezard
Colmar – FR

Parcours initiatique, chemin de traverse, proposition littéralement subversive : Derrière les fagots est tout cela à la fois. Axel Gouala ne propose rien d’autre qu’un renversement des normes, valeurs et repères, en nous faisant repenser l’espace dans lequel nous vivons, notre environnement le plus proche, la zone de confort absolu que constitue la maison moderne, espace mental confortant celui qui l’habite dans ses idées, réconfortant à l’image d’un cocon, mais aussi fermeture au monde. Comme la cité ou le temple autrefois, la maison devient centre du monde, elle est à l’image de l’univers. Pourtant la maison traditionnelle chinoise était carrée et s’ouvrait au soleil levant, le toit était percé d’un trou pour la fumée et le sol d’un trou pour recueillir l’eau de pluie, ce qui en faisait un lieu ouvert, de fusion, de communion entre les habitants, les matériaux constitutifs de l’habitation et les éléments eux-mêmes puisque l’air du ciel était visible de la maison, l’eau rentrait dans la maison, le feu en sortait et la terre était foulée par les occupants. En somme la construction de la maison reposait naturellement sur la géomancie, soit la divination par la terre, ce qui pourrait aussi caractériser la « construction » de Derrière les fagots qui rassemble les éléments, les fusionne, les fond.

Dans cette démarche Axel Gouala unit le brut et le travaillé, la matière première par essence (une forêt, avec ses arbres, ses feuilles, sa terre, sa faune microscopique et pourtant réelle) avec le raffiné, il en va ainsi de sculptures de plâtre avec des tiges de métal mimant de réelles feuilles d’arbre et placées dans leur environnement inspirant, la forêt. Avec ce simple geste, c’est pourtant la porte de l’atelier, soit la maison-lieu de création des feuilles de plâtre, qui s’ouvre sur la nature, brute et non domestiquée, comme la maison chinoise s’ouvre sur le ciel. Démarche d’apaisement, de condensation de l’éternel – la nature – avec l’éphémère – le plâtre si cassant – ces travaux replacent la création humaine dans un environnement qui la transcende, retrouvant en outre un lien perdu entre l’humain et la terre, entre la matière travaillée et le sol matrice de toute chose…

Aurélie Le Roux

Chargée de Communication
Espace Lezard
Colmar

INNER THAN THE BONE

Exposition personnelle
Kotska Gallery – Meetfactory
Prague – CZ

Axel Gouala comprend l’ornementation comme fragment d’un corps plus grand : détails perdus dans le foisonnement d’une sculpture baroque ; feuilles d’acanthes rendues insignifiantes par la monumentalité d’une colonne corinthienne; vague unique au milieu d’une mer agitée, ou montagne dominant l’horizon vide. A. Gouala s’attarde sur l’ornement négligé, cherchant à l’émanciper de sa fonction décorative, passant des références du monde naturel à l’ornementation comme œuvre d’art. Il leur offre une tribune, un espace où ils peuvent s’exprimer de manière libre, leur accordant l’importance d’une sculpture en soi.

Ainsi, moins d’un siècle après que les premiers mots du texte d’Adolf Loos aient été formulés*, plutôt que la disparition et la négation de l’ornementation, Axel Gouala appelle à une forme de renaissance : « L’ornementation nous rappelle quelque chose de notre passé lointain, quelque chose qui nous connecte de manière profonde et primitive avec le sol, qui me fascine.»

extrait du texte inaugural de l’exposition Inner than the Bone

(traduit de l’anglais)

*Ornement and Crime, Adolf Loos.

Zuzana Jakalovà

Curatrice à la Meetfactory
Kotska Gallery
Prague, République Tchèque

P.V.C.

Prix Theophile Schuler – 2nd
Prix special de la SAAMS

Axel Gouala dans sa sculpture carrée nommée P.V.C. crée l’ambiguïté. Ce n’est évidemment pas la simple vague, terrain de jeu des Néréïdes, les petites filles de l’océan. Axel nous dévoile ce qu’il nomme une unité de construction. Cette vague est autant figuration de l’expansion de la matière « eau » en un mouvement qui peut devenir terrifiant, que représentation d’une gueule monstrueuse hurlant son animalité.

Une sorte d’atome chargé de valeurs positives et négatives intimement liées dans la structure de l’homme, dans la structure du monde. Une approche et un enrichissement de la connaissance, pour le dire comme pascal, du tout par les parties, et des parties grâce au tout. Lui-même décrit son oeuvre comme un pixel, le plus petit élément constitutif de l’image informatique, une notion qui nous est désormais familière.

C’est l’unité de base de l’élément liquide et matriciel qu’est la mer, mer qui par homonymie engendre la vie, la reproduction, la construction.

Une vague ; en fait, selon ses propres mots, une unité de paysage prélevée pour l’observation : une brique dans la forme « non finit » propre à Michel-Ange. Retirée de son milieu naturel, la vague s’inscrit dans une figure solide, le cube. Elle est posée sur une structure métallique légère, une sellette, mode de présentation, selon Axel, rappelant les tables de dissection dans les amphithéâtres universitaires. Nous avons là un échantillon d’analyse.

Emmanuel Honegger

Président du comité Prix Théophile Schuler
Société des Amis des Arts et des Musées de Strasbourg (SAAMS)

AXEL GOUALA

Presentation

Sculpteur, pratiquant également le dessin et la gravure, Axel Gouala expérimente les modes selon lesquels de l’espace s’écarte, se creuse, s’excave, s’élargit, se ramifie, se densifie ou s’approfondit. Ces opérations obstinément réitérées se font le plus souvent à partir de prélèvements de la nature élémentaire : eau – vagues – et terre – montagnes. Avec des allusions aux torsades du feu – dans les torsions enchevêtrées des racines, les vrilles des crêtes de vague – et le vaporeux de l’air –  dans l’évanescence de l’écume, la légèreté des plumes.

Ce sont ces morceaux détachés, sommets soustraits à leur base, vagues isolées, qui mettent en évidence l’espace que ces morceaux espacent : dégagent, mettent en champ-libre, en ouverture inédites.

La vague n’est pas dans la mer ; la montagne n’est pas dans la chaine. De même, les ensembles « naturels » que notre regard spontanément unifie ne sont pas dans le vaste espace du monde. L’espace, autrement dit, n’est pas un contenant recevant indifféremment ce qui l’occupe, mais s’ouvre à partir de ce qui ordonne le proche et le lointain, la mesure d’une distance ou d’une grandeur.

Lorsque, par exemple, Axel Gouala, déjoue la logique hiérarchique de l’élévation en mettant à raz de terre le mouvement puissant de la croissance (Colonne) ; ou encore, lorsque, il juxtapose la croissance lente de l’os et la croissance si éphémère d’une vague dans un entrechoc spatial (Onda/Os), il montre à chaque fois l’espace en train de s’espacer.

Les coordonnées spatiales sont données, ces œuvres le font diversement voir, à partir d’un geste, qui est indistinctement plastique et mental. Ce geste montre, mais aussi effectue, qu’un paysage vient d’un corps, qui n’en maitrise pas la construction, mais dont l’engagement singulier décide de l’orientation.

Sandrine Israel-Jost

Enseignante en philosophie à la HEAR de Strasbourg
ex-enseignante au département de philosophie de l’université de Strasbourg